5 conseils testés pour fiabiliser les pratiques de laboratoire en 2026
le 16 Juin de 14h à 15h
Le début d’année est toujours un moment particulier en laboratoire. Les paillasses sont propres, les cahiers presque vides, les projets reprennent ou démarrent, et l’on se dit que cette fois, on va mieux s’organiser, mieux communiquer, mieux anticiper.
La réalité rattrape parfois vite ces bonnes intentions. Pourtant, bien commencer l’année en labo ne tient pas à des résolutions irréalistes, mais à quelques décisions concrètes prises dès janvier.
Voici notre top 5 des conseils pour démarrer 2026 sur de bonnes bases en laboratoire, que vous soyez technicien·ne, ingénieur·e, doctorant·e, chercheur·se ou responsable d’équipe.
5 conseils testés pour fiabiliser les pratiques de laboratoire en 2026
1. Faire un arrêt sur image pour capturer ce qui n'a pas fonctionné l'an dernier
Prenez le temps de regarder ce qui, dans le travail réel du labo, n'a pas fonctionné l'an dernier.
Cet arrêt sur image permet de faire la différence entre ce qui relève d’un aléa normal et ce qui révèle une fragilité structurelle :
- une méthode mal comprise,
- une traçabilité insuffisante sur certaines étapes,
- une organisation qui repose trop sur des habitudes individuelles,
- un manque de formation,
- Etc.
Par exemple, dans un laboratoire prestataire de service, ce sont souvent des délais qui se sont étirés, des échanges clients compliqués par des informations manquantes, des reprises d’analyses faute de contexte clair.
En contrôle qualité, ce sont des résultats difficiles à expliquer a posteriori, des validations faites sous pression, des écarts documentés trop tard, etc.
Ailleurs, ce sera une expérience impossible à reproduire à l’identique, un changement de paramètre mal tracé, une décision technique dont on ne se souvient plus vraiment de l’origine; etc.
Bref, il existe une multitude de raisons différentes.
2. Nettoyer votre traçabilité avant qu’elle ne vous nettoie
La traçabilité ne pose rarement problème quand on a du temps. Elle devient pénible quand les analyses s’enchaînent et que chaque saisie ressemble à une contrainte de plus.
C'est le moment idéal pour revenir sur les points qui représentent une charge mentale au quotidien :
-
Les informations que vous recopiez plusieurs fois pour un même échantillon (double saisie)
-
Les résultats que vous notez sur papier ou dans un Excel “en attendant” de les saisir plus tard
-
Les photos d’essais ou d’anomalies stockées sur des téléphones personnels
Ce sont ces petites entorses tolérées qui créent les trous de traçabilité en audit.
Posez-vous ces questions :
A quel moment précis perdez-vous du temps sur la traçabilité ? À la réception des échantillons ? Au moment de l’analyse ?
Lors de la validation ?
En identifiant ce point précis, vous pouvez ajuster vos pratiques, même simplifier un formulaire, structurer différemment une saisie, regrouper certaines informations au même endroit, etc.
3. Revoir la gestion des échantillons comme si vous arriviez dans le labo pour la première fois
Vous connaissez le laboratoire par cœur. Et justement, c’est parfois le problème.
Essayez cet exercice : regarder le circuit des échantillons avec un œil neuf, depuis leur arrivée jusqu’à leur archivage ou leur destruction.
Concrètement :
-
Est-ce que l’identification à la réception est toujours lisible après plusieurs jours ?
-
Est-ce que certains échantillons sont stockés “provisoirement” plus longtemps que prévu ?
-
Est-ce que vous perdez du temps à chercher où en est un échantillon précis ?
Il y a souvent des zones floues : des échantillons en attente, des statuts mal définis, des responsabilités implicites, etc.
Un échantillon mal suivi n’est pas toujours perdu. Il est souvent simplement mal tracé.
Si vous avez accès à un outil de suivi (logiciel de gestion de laboratoire LIMS ou autre), janvier est aussi le bon moment pour vérifier que les statuts correspondent à la réalité terrain.
Exemple d'échantillothèque dans un logiciel de gestion de laboratoire LIMS.
L’échantillothèque centralise la vie de vos échantillons, du stockage jusqu’aux remises en analyse. Elle permet de garder une vision à la fois globale et détaillée des stocks de réactifs et consommables disponibles, de suivre précisément chaque mouvement, d’assurer une traçabilité continue et de déclencher automatiquement les recontrôles ou analyses complémentaires lorsque c’est nécessaire.
4. Sécuriser vos équipements et instruments avant que la charge interne n’explose
Vous connaissez certainement cette fameuse loi de Murphy... tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera mal.
Les équipements de laboratoire ne tombent jamais en panne au bon moment, tout comme les échantillons critiques qui disparaissent au fond d’un frigo, ou les résultats attendus pour hier qui restent bloqués faute d’une information manquante.
Avant que les séries d’analyses ne s’intensifient, prenez le temps de :
-
Vérifier les échéances de maintenance préventive
-
Repasser sur les derniers incidents non totalement analysés
-
Confirmer que les documents associés aux équipements sont à jour (qualifications, notices, et historiques)
-
Etc.
De plus, un point souvent négligé en début d’année : la transmission d’information entre collègues. Si vous observez un bruit inhabituel ou une dérive et que ce n’est pas écrit quelque part, ça se perd.
Un équipement bien tracé, c'est aussi moins de stress au quotidien, moins d’improvisation, et des journées plus prévisibles.
5. Redonner du sens à vos indicateurs et suivez les plus utiles
Début 2026, posez-vous cette question : est-ce que les indicateurs choisis vous aident réellement à mieux travailler ?
-
Savez-vous pourquoi vous les suivez ?
-
Est-ce que leurs résultats entraînent des décisions concrètes ?
-
Est-ce qu’ils reflètent vraiment votre charge réelle ?
Un indicateur mal compris devient une simple obligation administrative. Un indicateur bien utilisé permet d’anticiper, d’argumenter, de faire évoluer les pratiques.
Si vous constatez des écarts récurrents, janvier est le moment d’en parler. Tant que l’année est encore jeune, les ajustements sont possibles. Plus tard, ils deviennent des “habitudes” difficiles à remettre en cause.
Posez un diagnostic rapide de maturité réelle de votre laboratoire
Voici un exercice qui consiste à répondre à une série de questions très concrètes, tirées de situations courantes en laboratoire.
Elles vous permettront de repérer rapidement où le fonctionnement repose encore sur des ajustements informels, des raccourcis ou de la mémoire individuelle.
L’exercice : 9 questions qui ne trichent pas
-
1Si un auditeur vous demande pourquoi un résultat a été validé de cette façon il y a 6 mois, pouvez-vous répondre sans fouiller plusieurs supports ?
-
2Savez-vous, là tout de suite, combien d’échantillons sont en attente et pourquoi ?
-
3Existe-t-il au moins une étape clé de vos analyses où la traçabilité repose encore sur la mémoire ou l’habitude ?
-
4Quand un collègue est absent, quelqu’un d’autre peut-il reprendre un dossier sans reposer de questions ?
-
5Les statuts de vos échantillons correspondent-ils tous à une action précise ?
-
6Un incident équipement mineur a-t-il déjà été “noté quelque part” sans être réellement exploité ?
-
7Suivez-vous au moins un indicateur dont personne ne sait exactement à quoi il sert ?
-
8Est-ce que certaines informations existent mais vous n'avez aucune idée d'où elles se trouvent ?
-
9
Si vous deviez expliquer votre fonctionnement à un nouveau collègue, y a-t-il des phrases qui commenceraient par “normalement” ou “en principe” ?
Comment interpréter les réponses ?
-
0 à 2 “oui”
Votre organisation tient. Les ajustements sont fins, mais vous avez de la marge mentale. -
3 à 5 “oui”
Le labo fonctionne, mais au prix d’efforts invisibles. Ce sont ces efforts qui fatiguent les équipes sur l’année. -
6 “oui” ou plus
Les problèmes ne sont pas individuels. Ils sont structurels. Continuer “comme ça” coûte plus cher que de revoir le cadre.
Conclusion
Découvrez plus d’articles
-
LIMS ACTUALITE5 conseils testés pour fiabiliser les pratiques de laboratoire en 2026
Mathilde Lebrun -
GMAO MAINTENANCE ACTUALITEMaintenance industrielle en 2026 : les nouvelles règles de performance
Mathilde Lebrun -
AQ MANAGER ACTUALITEQuels sont les meilleurs logiciels de laboratoire pour la gestion des échantillons ?
Mathilde Lebrun

