Fiche de maintenance préventive : modèle, contenu et bonnes pratiques
le 16 Juin de 14h à 15h
Vous cherchez des solutions pour assurer le bon fonctionnement de vos équipements et installations ? Mettre en place une maintenance préventive efficace suppose un processus clair, une organisation capable de tenir dans le temps et une vision précise de ce qui est fait sur le terrain.
La fiche de maintenance est souvent le point de départ. Indispensable, mais rapidement insuffisante lorsqu’elle reste isolée, difficile à exploiter ou impossible à consolider.
Cet article vous explique comment structurer ce support, en faire une véritable solution opérationnelle, et comprendre en quoi une GMAO permet de fiabiliser et de piloter durablement votre maintenance préventive.
A la clé, un modèle pour vous inspirer !
Qu’est-ce qu’une fiche de maintenance préventive ?
Ce qu’on appelle réellement une fiche de maintenance
Une fiche de maintenance préventive est un document opérationnel qui décrit à l’avance les actions de maintenance à réaliser sur un équipement, à une fréquence définie. Elle précise les tâches à effectuer pour permettre au technicien de réaliser l’intervention et de clôturer un ordre de travail de maintenance préventive.
Elle sert à structurer les interventions et à assurer que les opérations prévues sont réalisées avant l’apparition d’un dysfonctionnement.
Elle peut être sous forme de :
- Papier
- Excel / Word
- Intégrée à un outil de gestion (GMAO)
Il est important de ne pas confondre les notions suivantes :
- Le plan de maintenance correspond à la vision globale des actions à mener
- La gamme de maintenance décrit la méthode et le déroulé des opérations
- La fiche de maintenance concerne l’exécution des tâches sur le terrain
Pourquoi ce document change la manière dont le préventif est réalisé ?
Elle sert d’abord à structurer les interventions et pose un cadre clair : ce qui doit être fait, sur quel équipement, dans quel ordre de tâche et avec quel niveau d’exigence.
Elle permet ensuite de standardiser les contrôles. Deux techniciens différents, à deux moments différents, doivent pouvoir vérifier la même chose de la même manière. La fiche est là pour éviter que la maintenance dépende uniquement de l’expérience individuelle.
Elle joue aussi un rôle clé dans la transmission du savoir-faire. Quand une personne quitte l’équipe ou change de périmètre, la fiche conserve la mémoire des gestes essentiels, des points sensibles, des contrôles à ne pas négliger.
Enfin, elle crée une trace exploitable. Pas une simple signature, mais un historique qui permet de comprendre ce qui a été fait, d’identifier des dérives, et d’expliquer une panne survenue plus tard.
Modèle de fiche de maintenance : une base claire pour ne rien laisser au hasard
Un modèle simple, pensé pour une utilisation terrain
Nous avons préparé pour vous un exemple de fiche de maintenance préventive, que vous pouvez utiliser comme modèle ou source d’inspiration
Comprendre chaque champ pour l’utiliser correctement
Une fiche efficace ne se juge pas à sa longueur, mais à la pertinence de ses informations. Chaque champ a une raison d’exister.
- Équipement machine :
Indiquez le nom ou la référence de la machine concernée par la maintenance (ex. : "Presse hydraulique P-123"). - Atelier :
Précisez l’atelier ou le secteur où se trouve l’équipement (ex. : "Atelier mécanique", "Ligne d’assemblage 2"). - Demandeur NOM :
Nom de la personne ou du service ayant demandé la maintenance (ex. : "Dupont"). - Date (demande) :
Date à laquelle la demande de maintenance a été formulée. - Exécutant NOM et Prénom :
Nom et prénom de la personne qui réalise l’intervention. - Classe et Habilitation :
Niveau de qualification ou habilitation de l’exécutant (ex. : "Électricien certifié", "Niveau 2"). - Début d’intervention - Date / Heure :
Date et heure de début des travaux. - Fin d’intervention - Date / Heure :
Date et heure de fin des travaux. - Temps passé - Date / Heure :
Temps total consacré à l’intervention (on peut indiquer le nombre d’heures ou minutes, ou faire la soustraction entre fin et début). - Opération à effectuer :
Liste claire et détaillée des tâches prévues durant la maintenance (ex. :- Vérification des niveaux d’huile
- Remplacement des filtres
- Graissage des roulements
- Contrôle des courroies
- Nettoyage des capteurs).
- Outillages, précautions, documentations :
Liste des outils nécessaires, consignes de sécurité à respecter et documents de référence (ex. :- Clé dynamométrique
- Gants isolants
- Mode opératoire maintenance n°45
- Port de casque obligatoire).
- Anomalies constatées et réparées :
Description précise des problèmes identifiés pendant l’intervention et des réparations effectuées (ex. : "Fuite d’huile détectée sur joint, remplacé", "Capteur de température recalibré"). - Travaux à effectuer :
Liste des interventions complémentaires à planifier si des problèmes non résolus ou des améliorations sont détectées (ex. : "Remplacement du moteur prévu pour le mois prochain"). - Urgence (Faible / Moyenne / Élevée) :
Indiquez le degré d’urgence pour la suite des travaux. - Matériel, pièces utilisées :
Indiquez ici tous les composants, consommables ou pièces détachées utilisées pendant l’intervention (ex. : "Joint torique x2", "Huile hydraulique 5L", "Filtre à air modèle XYZ").
Comment utiliser la fiche de maintenance préventive au quotidien ?
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Sur le terrain, la fiche doit être accessible au bon moment. Pas rangée dans un bureau éloigné, pas planquée dans un dossier informatique obscur. Le technicien doit pouvoir l’avoir sous les yeux pendant l’intervention.
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Elle est remplie au moment de l’intervention, pas à la fin de la semaine “de mémoire”. C’est la seule manière d’avoir des informations fiables, notamment sur les anomalies constatées.
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Une fois complétée, la fiche doit être stockée de manière cohérente. Par équipement, par date, par type d’intervention. Sinon, la retrouver devient un travail en soi.
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Enfin, quelqu’un doit vérifier qu’elle a bien été réalisée. Pas pour sanctionner, mais pour s’assurer que le préventif suit réellement le plan prévu, et que les écarts sont compris.
Les erreurs fréquentes avec les fiches de maintenance préventive
Certaines fiches existent depuis des années sans réellement produire de valeur. Dans la majorité des cas, ce n’est pas la fiche en elle-même qui pose problème, mais la manière dont elle est conçue ou utilisée.
Les erreurs les plus courantes sont :
- Des fiches trop génériques, applicables à trop d’équipements différents ;
- Des tâches formulées de manière floue ou trop théorique ;
- Des fiches remplies après l’intervention, de mémoire ;
- L'absence de contrôle ou de relecture des fiches complétées ;
- Aucune exploitation des informations collectées.
Dans ces conditions, la fiche devient un simple support administratif, déconnecté de la réalité du terrain.
Du support papier à un logiciel de gestion de maintenance (GMAO)
Pourquoi passer d’un support de suivi à un outil de pilotage
Le logiciel de gestion de maintenance (GMAO) est un logiciel capable de centraliser toutes les informations de maintenance :
de la base de données techniques aux fiches d’équipement, en passant par les plans de maintenance, les demandes d’intervention et les ordres de travail. Il permet également de gérer toute la documentation, l’historique des interventions et les rapports de travail, les pièces détachées en stock, ainsi que les techniciens et les fournisseurs.
Grâce à toutes ces informations, il est possible non seulement d'optimiser les processus de maintenance, mais aussi de fournir toutes les données nécessaires à une analyse détaillée de ces derniers, en surveillant les temps, les coûts et les performances grâce à des systèmes de veille stratégique qui analysent les données pour vous, créant ainsi des rapports personnalisés et incroyablement détaillés.
Dans le cadre de la fiche et des équipements, le passage du papier à la GMAO consiste donc à faire évoluer chaque information vers une donnée intégrée dans un système cohérent.
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Comment chaque élément de la fiche de maintenance s’intègre-t-il dans la GMAO ?
Ce tableau ci-dessous vous montre clairement comment chaque donnée saisie dans la fiche alimente des modules clés de la GMAO pour garantir une maintenance optimisée, traçable et efficace.
| Sur la fiche de maintenance | Dans la GMAO |
| Equipement | Identification précise de l’actif pour le suivi, historique et gestion du parc machines |
| Atelier | Localisation de l’équipement, gestion multi-sites ou ateliers, organisation des interventions par zones. |
| Demandeur / Date | Traçabilité des demandes de maintenance, historique des requêtes et priorisation. |
| Exécutant (nom, prénom) / Classe / Habilitation | Gestion des ressources humaines, compétences, habilitations et assignation des techniciens selon profil. |
| Début d’intervention / Fin d’intervention / Temps passé | Suivi du temps d’intervention, analyse des durées et optimisation de la planification. |
| Opération à effectuer | Planification des tâches, liste des opérations standards ou personnalisées, instructions de travail. |
| Outillages | Gestion des documents associés (procédures, modes opératoires), contrôle des outils et respect des consignes sécurité. |
| Anomalies constatées et réparées | Enregistrement des incidents, suivi des réparations, mise à jour de l’historique et analyse des pannes. |
| Travaux à effectuer |
Planification des interventions futures, gestion des travaux différés ou complémentaires. |
| Matériel, pièces utilisées |
Gestion des stocks, suivi des consommations, réapprovisionnement automatique et contrôle des coûts. |
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La fiche décrit une intervention, mais elle ne gère ni le calendrier global, ni la priorisation des équipements, ni la répartition de la charge entre les équipes. Elle ne permet pas non plus de visualiser les interventions à venir, de croiser les données entre plusieurs équipements, ni d’anticiper les impacts sur la production.
C’est précisément sur ces points que la GMAO apporte une valeur supplémentaire : en reliant chaque fiche à un planning, à un historique et à une logique d’ensemble, elle transforme une succession d’actions isolées en un préventif réellement piloté.
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Une fiche de maintenance préventive suffit-elle à structurer une maintenance préventive ?
Non. La fiche est un support d’exécution. Elle est indispensable, mais elle ne remplace ni une réflexion sur les priorités, ni une organisation globale du préventif. Sans planification et sans suivi, elle reste isolée.
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À partir de quel moment la gestion des fiches devient-elle problématique ?
Dès que le volume augmente : plusieurs sites, plusieurs techniciens, plusieurs équipements critiques. À ce stade, le suivi manuel, la recherche d’historique et l’analyse deviennent chronophages et sources d’erreurs.
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Comment savoir si mes fiches de maintenance sont réellement utiles ?
Une fiche est utile si elle est remplie sans contournement, relue régulièrement et exploitée pour comprendre ce qui se passe sur les équipements. Si elle sert uniquement à “cocher une case”, elle perd sa valeur.
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Faut-il tout formaliser dans une fiche de maintenance préventive ?
Non. Une fiche efficace guide l’intervention sans la rigidifier. Trop de détails ralentissent l’exécution, trop peu créent de l’interprétation. Le bon niveau dépend du contexte et de l’expérience des équipes.
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Pourquoi certaines équipes rejettent-elles les fiches de maintenance ?
Le rejet vient rarement de la fiche elle-même, mais de son usage. Lorsqu’elle est perçue comme un contrôle administratif, déconnecté du terrain et sans retour concret, elle devient une contrainte.
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Comment éviter que les fiches soient remplies “pour la forme” ?
En exploitant réellement les informations collectées. Lorsqu’un technicien voit que ses remontées servent à ajuster un plan, corriger un problème ou anticiper une panne, la fiche retrouve son sens.
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Les fiches papier sont-elles incompatibles avec une maintenance performante ?
Oui et non. Elles peuvent convenir dans des environnements simples et peu évolutifs. Le problème apparaît lorsque la maintenance doit être suivie, analysée et pilotée dans le temps.
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La transition vers une GMAO est-elle une rupture pour les équipes terrain ?
Non, si elle est bien menée. Le principe reste le même : exécuter une intervention et la tracer. Ce qui change, c’est la manière dont l’information est structurée, centralisée et exploitée.
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Peut-on conserver une logique de fiche dans un environnement GMAO ?
Oui. La logique opérationnelle reste identique. La différence est que l’intervention n’est plus isolée : elle est reliée à un équipement, un plan et un historique, ce qui évite les pertes d’information.
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Faut-il attendre d’avoir des fiches parfaites pour passer à une GMAO ?
Non. Les fiches existantes servent de base de réflexion. La mise en place d’un système structuré permet justement d’identifier ce qui doit être clarifié, normalisé ou simplifié.
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Quel est le vrai bénéfice à long terme d’une gestion structurée du préventif ?
La capacité à comprendre ce qui se passe réellement sur les équipements, à anticiper plutôt que subir, et à décider sur la base de faits plutôt que d’intuitions.
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